samedi 30 avril 2016

Un majordome dans les petits papiers de Jean-Marie Le Pen




Gérald Gérin et Jean-Marie Le Pen forment un vieux couple. Le premier connaît par cœur les anecdotes du second, au point depouvoir finir ses phrases, mais il a la délicatesse d’opiner du chef pour encourager les récits de l’ancien président du Front national, 89 ans. Dimanche 1er-Mai, comme souvent quand il doit marcher, l’aîné va certainement s’appuyer sur l’épaule de son protégé à l’heure de rejoindre la statue de Jeanne d’Arc, place des ­Pyramides, à Paris. Le député européen a donné rendez-vous à ses soutiens pourrendre hommage à la pucelle d’Orléans. Un nouveau défi, peut-être le dernier, lancé à sa fille Marine, qui réunit au même moment les militants du Front national, porte de La Villette.



Depuis qu’il appartient à l’entourage du député européen, la presse qualifie régulièrement Gérald Gérin de « majordome ». Mais cet homme de 41 ans ne supporte pas ce terme, qu’il juge dégradant. Il préfère celui d’« assistant personnel »« C’est mon assistant parlementaire au Parlement européen, et mon assistant privé », précise Jean-Marie Le Pen. « Gérald n’a jamais fait une valise de sa vie », défend de son côté Lorrain de Saint-Affrique, conseiller en communication du patriarche. Quand il a été présenté à l’ancien patron de l’extrême droite, en 1995, il venait tout juste d’achever son service militaire, et son CV affichait un diplôme de l’école hôtelière, ainsi qu’un stage au ­Carlton de Cannes. Voilà, sans doute, qui explique l’emploi du mot « majordome ».

Un magot de 2,2 millions d’euros


Toujours est-il que l’intéressé ne lâche pas d’un soulier son grand homme. Y compris dans la chronique judiciaire. Le nom de Gérald Gérin est réapparu, début avril, à la faveur des révélations sur les « Panama papers » dans Le Monde. Le parquet national financier le soupçonne d’avoir servi de prête-nom à Jean-Marie Le Pen pour dissimuler une partie de sa fortune grâce à la société offshore Balerton Marketing Limited. Le magot de Balerton s’élève à 2,2 millions d’euros, en billets, en titres et en lingots et pièces d’or. Le majordome nie avoir joué les hommes de paille : il a fait savoir que cet argent dormait sur un compte pour « ses vieux jours ». Mais dans leur rapport, les enquêteurs de Tracfin, la cellule antiblanchiment du ministère des finances, disent s’interroger « sur le degré d’autonomie dont dispose M. Gérin pour les multiples opérations financières qu’il réalise ».
Depuis, le camp lepéniste tient à souligner avec force l’« indépendance » de « Gérald », qui habite, hasard ou nécessité, dans une annexe de la maison de Jean-Marie Le Pen, à Rueil-Malmaison (Hauts-de-Seine). L’homme est de plus trésorier des deux micropartis de M. Le Pen, Cotelec et Promelec, destinés à prêter de l’argent aux candidats du Front national. « L’expérience porte à prouver qu’il mérite ma confiance. Il a toujours été d’une fidélité irréprochable, il fait presque partie de la famille », assure à son propos Jean-Marie Le Pen. « Têtu comme une vieille chèvre grecque », comme on dit dans le clan, Gérald Gérin refuse de parler de lui aux journalistes. Le reste du temps, il sait pourtant se montrer volubile.


Chauffeur de stars


Le conseiller régional PACA a pris sa carte du FN en 1990, dans sa ville natale de Berre-l’Etang (Bouches-du-Rhône). C’est Catherine Mégret, maire de Vitrolles, qui l’a introduit auprès de Jean-Marie Le Pen. Un ­bienfait ne restant jamais impuni, il s’est présenté aux élections ­législatives de 2007 contre son époux Bruno Mégret, entre-temps devenu traître à la cause… Avant cela, Gérald Gérin avait été chauffeur de stars à mi-temps sur la Côte d’Azur : Michael Jackson, George Michael, Mylène Farmer et Lionel Richie se sont assis dans sa voiture. Pas son idole, Boy George. Qu’importe, il reste Le Pen. « Gérald se ferait tuer pour lui. Il est perdu quand il n’est pas là », jure un intime de la famille. Ce qui n’est pas à l’ordre du jour. Pour l’instant, le « Vieux » reste accroché à son épaule.

Le gouvernement va augmenter les enseignants du primaire





Les enseignants des écoles maternelles et élémentaires « vont être augmentés », annonce la ministre de l’éducation nationale, Najat Vallaud-Belkacem, dans un entretien au Journal du dimanche publié samedi 30 avril. La ministre évoque un alignement de leur prime sur celle perçue par leurs collègues du second degré.


« Le premier ministre en précisera la forme et le calendrier prévisionnel mardi », précise-t-elle. Manuel Valls doit clôturer mardi 3 mai deux journées consacrées à la loi de refondation de l’école mise en oeuvre en 2013 par Vincent Peillon, alors ministre de l’éducation.

Les enseignants du collège et du lycée reçoivent depuis 1989 une indemnité annuelle de 1 200 euros. En 2013, Vincent Peillon avait introduit une prime annuelle pour les professeurs des écoles de 400 euros. Les syndicats des professeurs des écoles réclament un alignement de cette prime sur celle des professeurs du second degré. « Au-delà, nous allons revoir le parcours de carrière de tous les enseignants en les revalorisant et en les accompagnant mieux », déclare Mme Vallaud-Belkacem, sans donner plus de détails.

« Ca va mieux »

« Oui, ça va mieux » dans l’éducation nationale, assure également la ministre dans le JDD, qui estime que les polémiques, qui se sont enchaînées depuis 2012, des rythmes scolaires à la réforme du collège« sont retombées pour la plupart ». Mais elle reconnaît que « la mise en œuvre concrète de nos réformes peut parfois encore pécher ».

Syrie : l’accord russo-américain sur une trêve exclut Alep




Une trêve, issue d’un accord américano-russe, doit entrer en vigueur, samedi 30 avril à l’aube, dans la région de Damas et de Lattaquié en Syrie. Cet arrêt des combats, annoncé vendredi par des sources américaines, syriennes et russes, exclut la grande ville d’Alep, au nord du pays, en proie à de violents combats depuis plusieurs jours.


Une trêve entre les forces gouvernementales et les groupes rebelles avait déjà été décrétée le 27 février à l’initiative des Etats-Unis et de la Russie mais elle a volé en éclats, notamment à Alep. Dans le nord-est de la province côtière de Lattaquié, un fief du régime, des combats opposent depuis des semaines les troupes du régime aux rebelles. En outre, l’armée syrienne et ses alliés tentent de progresser dans la Ghouta orientale, région considérée comme le réservoir de la rébellion près de la capitale.

« La persistance des attaques est inacceptable »


« La persistance des violations dans le nord de Lattaquié et dans la Ghouta orientale est inacceptable et dommageable », a indiqué Michael Ratney, l’envoyé spécial américain pour la Syrie, dans un communiqué. Selon lui, les combats devaient cesser à 00h01 locales, samedi. En revanche, en ce qui concerne la ville d’Alep où « la persistance des attaques est inacceptable, les deux pays ne sont pas arrivés à un accord », a-t-il indiqué. « Nous discutons avec la Russie pour arriver rapidement à un accord afin de réduire la violence dans cette région aussi », a-t-il ajouté.

Les bombardements ont encore tué vendredi plus de vingt civils, à Alep, la deuxième ville de Syrie, divisée entre secteurs contrôlés par le régime et d’autres aux mains des insurgés depuis 2012. Treize personnes ont péri dans les quartiers tenus par le régime et dix-sept du côté des rebelles, selon l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH). Des dizaines de personnes ont été blessées. L’aviation du régime a également frappé une clinique dans la partie rebelle d’Alep, blessant plusieurs personnes, selon la défense civile. Médecins du monde a fait état de son côté de la « destruction totale » d’une clinique, qui n’aurait fait aucune victime.

vendredi 29 avril 2016

Terrorisme : "En France on n'a pas vu les choses arriver"





« Une tuerie rapide, un retranchement long, une issue qui est toujours la même : la mort. » Le colonel Hubert Bonneau, commandant du GIGN, n'a pas mâché ses mots vendredi pour résumer les attentats terroristes qui ont endeuillé la France. Le gendarme était invité en clôture du forum Technology Against Crime (TAC) de Lyon. Une intervention publique extrêmement rare pour cet homme connu pour son franc-parler, et qui n'a une nouvelle fois pas dérogé à la règle : « Les groupes terroristes profitent d'une véritable faiblesse de nos démocraties. J'ose le dire, a-t-il lancé. Ce sont des gens qui travaillent pour plonger la population, par leurs actions, dans la sidération. On a des gens qui agissent avec peu de matériel, peu de technologie et qui s'autofinancent. L'argent ne vient pas du Moyen-Orient, il vient de Cofidis et de Cetelem. »

Et le commandant du GIGN de souligner un « rapport coût-efficacité » absolument « terrible pour nous ». « À Sousse, un type a abattu trente Occidentaux sur une plage. Le résultat ? C'est la faillite de la Tunisie. L'État coule. C'est l'économie qui est visée. » Selon le colonel, « ça peut taper n'importe où, n'importe quand, sachant qu'on attaque des cibles molles, pas renforcées ». Le « champ des possibles est très vaste », a-t-il ajouté. « On tue à l'arme blanche, à la kalachnikov, à l'explosif. Il n'y a sur le moment aucune revendication. Dès qu'il y a réponse des forces de l'ordre, les tueries s'arrêtent. Aucune tuerie ne dépasse cinquante minutes. »

Vers un « 11 Septembre 2.0 »

Ce n'est que lorsque l'opération débouche sur des morts que l'organisation terroriste la revendique : « Les franchises agissent et la marque récupère l'ensemble quand ça fonctionne, c'est ça, le solo djihad. (…) On s'est trompés sur la définition du loup solitaire. » Une fois la fusillade terminée, celui qui tient bon face aux troupes d'élite cherchant à le neutraliser est ensuite glorifié sur les réseaux sociaux : « Quand on résiste trente-six heures à un État (comme Mohamed Merah l'a fait à Toulouse, NDLR), c'est imparable : on devient un héros. » « Faut être honnête, faut être clair : on n'a pas vu en France les choses arriver, a critiqué Hubert Bonneau. Malgré les attentats de Londres et de Madrid, malgré les événements en Afghanistan, au Pakistan, etc. » Si on ne les a pas vus, c'est parce que cela « se passait loin de chez nous », a-t-il précisé.
Pour le patron du GIGN, les attentats visent deux objectifs : rassembler la communauté et « frapper l'ennemi, qu'il soit proche ou lointain ». « La cible numéro un est la France. Je mets de côté Israë,l qui est hors catégorie », a-t-il ironisé. « Ces terroristes vont rechercher un 11 Septembre 2.0. (…) On est passé d'une entreprise centralisée et secrète à, aujourd'hui, une entreprise décentralisée qui marche sous forme de franchise. Leur stratégie est en place depuis longtemps. Ceux qui passent à l'acte en France sont ceux qui sont capables d'évoluer facilement dans nos sociétés », a-t-il conclu.

Inspire, « le petit marmiton.com » du terroriste



Le colonel s'est également exprimé sur la propagande et les moyens de communication des terroristes. Ils se sont appuyés sur Internet, « mais pas forcément sur les réseaux cryptés, tout est ouvert », a continué Hubert Bonneau. Et le gradé de répéter : « Tout est ouvert, c'est imparable. Aujourd'hui, on a des réseaux Twitter, Instagram ou encore Telegram, qui est un réseau russe crypté qu'on ne contrôle pas. Vous pouvez recevoir un message Telegram directement dans votre téléphone qui vous dira : Dans trois minutes sort sur tel et tel site internet le dernier numéro d'Inspire (la revue d'Al-Qaïda, NDLR). Vous n'avez qu'à cliquer . Qu'est-ce que vous faites ? Vous ne pouvez pas bloquer autant de sites internet en si peu de temps. Les vieux, vous ne vous en rendez pas compte ! Mais les jeunes ? (…) C'est très facile d'avoir sur son téléphone des vidéos de décapitation. »
Le colonel s'alarme de la force de frappe de ces revues terroristes : « En septembre 2015, le numéro 14 d'Inspire a fait un retour d'expérience des attentats de janvier. C'était remarquable et très intéressant : on a cinquante pages qui disent ce qui a été bien fait et ce que les Kouachi et Coulibaly ont mal fait ou n'auraient pas dû faire. En substance, le magazine dit : Pour l'avenir, voilà ce qu'on vous propose. (…) Inspire,c'est le petit marmitton.com du terrorisme : comment créer des grenades, confectionner des armes, etc. » Fataliste, le haut gradé de la gendarmerie reconnaît tout de même que l'on ne peut pas, en France, « décider de tout ce qui se passe ». « On est en démocratie, pas en Corée du Nord. Il suffit de regarder à quel point c'est difficile pour nous de bloquer des sites internet, et pour les Américains d'obtenir des clés de chiffrage (allusion à l'affaire San Bernardino dans laquelle le FBI a assigné Apple en justice, NDLR). »



MADRID ACCUEILLERA PEUT-ÊTRE LE PLUS HAUT GRATTE-CIEL D’EUROPE



L'actuelle tour la plus haute d'Europe, The Shard

Une société espagnole a dévoilé les plans d’un complexe de bâtiments dont le principal serait prévu pour rafler le litre de plus haut gratte-ciel d’Europe. Ce titre est actuellement détenu par The Shard, un gratte-ciel de bureaux et de logements de luxe situé à Londres.
La société Distrito Castellana Norte (DCN) a annoncé, par le biais de son directeur général Antonio Béjar, être en mesure de démarrer la construction du complexe immobilier baptisé Chamartín, composé de six grattes-ciel, dont le plus grand devrait dépasser 300 mètres de hauteur.
Il s’agit, pour le promoteur espagnol, de « transformer la ligne d’horizon de la ville » mais également de« placer Madrid sur la carte des grandes capitales européennes ». Le projet Chamartín est prévu pour être construit à proximité des autres grattes-ciel que Madrid compte déjà, comme la Tour de cristal, plus haute tour de la capitale espagnole avec ses 249 mètres.
Visualisation du complexe Chamartín
Visualisation du complexe Chamartín

Selon le quotidien madrilène El País, ce complexe a été intégré dans un projet plus large de rénovation du nord de la capitale, effectif depuis quelques années. Seuls sont attendus les permis de construire afin de débuter les travaux du complexe Chamartín qui s’annoncent colossaux.
En Europe depuis 2012, la tour la plus haute s’avère être le Shard, une tour de verre située à Londres avec ses 310 mètres de hauteur. La plus grande tour du complexe Chamartín dépassera celle du Shard ? En réalité, aucune précision n’a été donnée sur la hauteur précise de cette nouvelle tour espagnole, mis à part qu’elle dépasserait les 300 mètres de hauteur.
Le cas échéant, la plus haute tour du complexe Chamartín deviendra la seconde d’Europe, devant l’actuelle seconde : la Commerzbank Tower, située à Francfort (Allemagne) avec ses 259 mètres de hauteur.
Voici une vidéo de présentation du projet de rénovation urbaine du nord de Madrid, où apparait le futur complexe Chamartín :

CHINE : ATTENTION, UN PETIT-AMI ÉTRANGER EST UN ESPION POTENTIEL ! Par Anthony Konaté



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Les autorités chinoises ont récemment lancé une nouvelle campagne de sensibilisation à la sécurité d’État. Cette opération communication est destinée à mettre en garde les femmes chinoises qui seraient tentées par la compagnie de partenaires étrangers ayant des intentions plus secrètes.
En réalité, cette campagne baptisée « amour dangereux » vise principalement les fonctionnaires d’État, car elles détiendraient des secrets (d’État) qui ne doivent absolument pas être révélés aux étrangers. Une BD a été éditée, racontant l’histoire de Xiao Li (« Petite Li »), fonctionnaire dans l’administration centrale à Pékin. Celle-ci rencontre David, un universitaire occidental attentionné avec qui elle a un coup de foudre.
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La BD poursuit en décrivant une scène où David demande à Xiao Li des documents administratifs dans un but de recherche. Malgré l’illégalité de la demande, Xiao Li s’exécute par amour. Cependant, David est un espion qui disparait après la récupération des documents. Ainsi Xiao Li est arrêtée pour complicité de trahison.

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La campagne « amour dangereux » souhaite donc faire peur aux femmes (pas aux hommes ?) et leur montrer les risques de s’acoquiner avec un étranger. Cette campagne a des allures farfelues bien sûr mais est à prendre très au sérieux. En effet, depuis plus d’une semaine selon CNN, la campagne bat son plein et des centaines d’affiches reprenant la fameuse BD sont placardées sur les murs de la capitale chinoise.
« On n’y croit pas du tout. Beaucoup d’entre nous ont des petits amis étrangers, et on ne pense pas une seconde que ce sont des espions » indique Tou, étudiante chinoise à Pékin, pour CNN.
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Une « Journée de l’éducation à la sécurité nationale » a été créée et la première du nom a été organisée le 15 avril 2016. La campagne « amour dangereux » a été organisée au même moment, une pure coïncidence ? Cette semaine-là, un étranger avait été condamné à mort pour la fuite de 150.000 documents chinois vers un autre pays, une opération qui a été possible avec l’aide de sa petite amie chinoise. Depuis, la Chine se montre paranoïaque et désire se prémunir de ce genre d’incident en sensibilisant sa population.



Le traité de libre-échange transatlantique est mort-né -Eric Zemmour






'Le traité de libre-échange transatlantique est mort-né' - vidéo Dailymotion



Le président Obama est venu cette semaine en Europe pour soutenir les négociations sur le Tafta, le traité transatlantique de libre-échange. Il a l’appui d’Angela Merkel. Mais cela suffira-t-il ? Car le traité souffre de nombreuses divergences et d'intérêts, qui aujourd'hui ne sont plus forcément dans le sens d'une ouverture des échanges. François Hollande, à un an d'une élection présidentielle, freine et veut sans doute laisser traîner la conclusion d'un traité qui est particulièrement impopulaire. Plus généralement les peuples occidentaux ne semblent plus aujourd'hui enclins à ouvrir leurs frontières, contrairement aux préconisations de Bruxelles et aux désirs des grandes firmes qui se frottaient les mains devant ce marché de plus de 800 millions de consommateurs. L'ère du temps a changé, et même les Allemands se montrent hostiles à un Tafta destiné à finir aux oubliettes.

Judith Schlanger, philosophe discrète

Judith Schlanger, à Jérusalem, en 2016.
Judith Schlanger, à Jérusalem, en 2016. YAEL ILAN POUR "LE MONDE"

Pour lieu de rendez-vous, Judith Schlanger m’avait indiqué la place de la Sorbonne, à Paris. « Cet endroit, cette place, tout le Quartier latin, c’est mon artère, ma patrie, depuis la rentrée 1953 où j’ai pénétré dans ce bâtiment, sans enthousiasme, après une scolarité médiocre. » A cette époque, aucun vigile à la porte ; chacun entrait ­librement dans la Sorbonne. « Là, je découvre de longs couloirs avec… des murs couverts d’affiches énumérant les cours. Cela m’a paru merveilleux  : tout le savoir m’était offert. Mais, parmi tous ces cours, que choisir ? »
Une jeune femme plantée devant les affiches aux murs de la Sorbonne, saisie de vertige devant les possibles illimités de la connaissance  : cette scène fondatrice sous-tend toute l’œuvre de Judith Schlanger. Car la pensée n’est pas une encyclopédie sagement organisée  : elle s’offre à nous comme une librairie dans laquelle, à peine entrés, nous serions submergés par la masse des livres, écrasés sous le poids de tout ce que nous n’avons pas lu.
« J’ai compris que la philosophie était la perpendiculaire qui permettait de ne renoncer à rien. » A-t-on pourtant assez critiqué la pesanteur de l’enseignement sorbonnard ! En guise de philosophie, on se contentait de faire défiler les grands courants de pensée. Mais que l’on pût ajouter quelque chose de neuf à Platon, Hegel ou Bergson ne venait à l’esprit de personne. En esprit libre, Judith Schlanger n’éprouve aujourd’hui aucune nostalgie à l’égard des figures tutélaires des années 1960 et 1970 (Barthes, Derrida, Foucault…).


jeudi 28 avril 2016

La toile cosmique qui relie les galaxies entre-elles mise en images - Anthony Konaté




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Les chercheurs du Center for Complex Network Research sont parvenus à modéliser et à mettre en lumière la toile cosmique qui relierait entre elles les galaxies avec la gravité, comme le suggèrent de nombreux cosmologistes. Un travail minutieux et titanesque.
Cela fait longtemps que les cosmologistes affirment que l’univers est composé de galaxies qui sont reliées entre elles par la gravité, composant ainsi une sorte d’immense toile cosmique. Une mise en image par la modélisation de tous ces liens a été réalisée par les chercheurs du Center for Complex Network Research, à l’université Northeastern, dans l’État du Massachusetts aux États-Unis.
Ainsi, ce sont trois modèles informatiques qui ont été créés pour prendre en compte tous les liens possibles entre 24 000 galaxies, et plus de 100 000 connexions. Un travail énorme qui a été réalisé en se basant sur toutes les informations disponibles, la taille des galaxies, leur proximité entre-elles et les vitesses relatives de chacune, puis ils les ont comparé au véritable ciel nocturne. Des modélisations qui nous permettent de voir ces liens complexes, qui demeurent bien entendu invisibles pour les humains.
L’ensemble des recherches et du travail réalisé est à consulter en PDF sur le site d’ArXiv, et les trois modèles informatiques sont eux disponibles sur le site Cosmic Web, spécialement mis en place par les chercheurs. Pour chacune de ces visualisations disponibles, il est possible de se balader à travers les modélisations, et d’explorer plus précisément les connexions entre les galaxies qui forment la toile cosmique, en réalisant des zooms avant et arrière. Une manière pour nous de « visiter » l’infiniment grand et invisible, mais aussi une possibilité de répondre à certaines questions fondamentales concernant la naissance et l’évolution de l’univers, grâce aux algorithmes et aux outils qui ont été mis au point pour le bien de ce travail.

Fan de la série "Les Experts", elle aide la police à résoudre un crime



S'inspirant de la série américaine, une gardienne d'un parc de Séville a préservé les preuves qui ont permis de confondre l'assassin d'une jeune femme.


Illustration - C'est en s'inspirant de la police scientifique dans la série "Les experts" que Carmen Moreno a pu conserver les preuves de l'assassinat.
Sa méticulosité aura permis de résoudre un crime. Carmen Moreno, gardienne du célèbre parc de María Luisa de Séville, dans le sud de l'Espagne, a récolté et conservé des preuves inestimables d'une scène de crime négligée par la police. Elle dit s'être inspirée de la série policière Les Experts, dont elle est fan.
Tout a commencé dans la nuit du 23 février lorsque les policiers découvrent le corps d'une jeune femme de 31 ans, prénommée Sara, près d'un banc du parc. Ils découvrent une lettre dans son sac à main. Elle y explique qu'elle traverse une grave dépression à la suite d'une déception amoureuse et qu'elle a avalé une forte quantité de tranquillisants. Les policiers concluent donc à un suicide.
Venue nettoyer les alentours du banc après le départ des enquêteurs, Carmen Moreno découvre sur place des morceaux de tissu imbibés de sang. Se souvenant des manipulations de la police scientifique dans sa série préférée, elle récolte minutieusement les preuves : « Derrière le banc où on a retrouvé la victime, j'ai aperçu des morceaux de tissu ensanglantés et des protège-slips, détaille-t-elle. D'habitude, je porte des gants mais je n'en avais pas sur moi ce jour-là. Comme je suis une grande fan des Experts, j'ai attrapé les preuves avec la main emballée dans un sac pour ne pas les contaminer avec mon ADN puis je les ai mis dans d'autres petits sacs blancs fermés d'un nœud. Enfin, j'ai tout réuni dans un sac plus grand. »

L'autopsie contredit la police

La gardienne du parc se dit alors troublée par la négligence des policiers : « Ça m'a beaucoup étonnée qu'ils n'aient pas ramassé tout cela car il y avait aussi des taches de sang sur le banc », se remémore-t-elle. Elle décide donc de conserver les preuves. Un bon réflexe car l'autopsie du corps de la victime va totalement chambouler les conclusions de l'enquête. Si la victime a bien ingéré des médicaments, elle n'a pas succombé d'une overdose. Elle a été brutalement violée par un individu alors qu'elle était groggy. C'est la violence de cette agression qui a causé la mort de la jeune femme.
Les policiers ayant compris leur erreur, ils se mettent à la recherche des preuves. Alors en congé, Carmen Moreno reçoit un coup de téléphone de son patron. « Je leur ai dit exactement où j'avais conservé les sacs et ils les ont trouvés tout de suite », détaille-t-elle. En analysant les échantillons, les enquêteurs ont réussi à isoler un ADN. Celui-ci appartient à un homme de 46 ans, déjà connu des services de police pour des faits de violence et d'agressions envers des femmes. Le procureur de Séville a tenu à féliciter Carmen Moreno en personne, précisant que sans cette preuve médico-légale, il aurait été impossible de résoudre ce crime.

Soutenir l’inclusion digitale d’un million de citoyens français



Aujourd’hui, 5 millions de français – salariés peu qualifiés, familles monoparentales, jeunes demandeurs d’emploi - cumulent précarités sociale et numérique. Or, cette année, pour eux, Internet n’est plus une option, mais un passage obligé car un grand nombre de services publics deviennent 100% web, et que la recherche d’emploi nécessite un minimum de compétences numériques.

Chez Google.org, nous sommes aux premières loges pour constater à quel point les nouvelles technologies permettent de transformer nos vies et créer de nouvelles opportunités. Et c’est la raison pour laquelle nous soutenons des projets de par le monde qui s’appuient sur la technologie pour relever des défis sociaux - et c’est ce qui nous a incité récemment à soutenir une nouvelle initiative en France d’Emmaus Connect pour répondre à ces besoins croissants.

Il y a quelques mois, une équipe d’entrepreneurs au sein d’Emmaus Connect s’est rapprochée de nous avec une idée et une vision qui nous ont immédiatement conquises. Leur projet consiste à aider un million de français à gagner en compétences essentielles et nécessaires dans un monde digital à horizon 2020.

Notamment grâce à un don d’1 million d’euros et à l’expertise technique de volontaires de Google, Emmaüs a lancé WeTechCare. Cette start-up sociale s’attélera à l’apprentissage des éléments nécessaires pour une recherche d’emploi en ligne, et permettra de mieux appréhender les services ayant trait aux avantages sociaux en ligne, avec le projet ambitieux d’avoir formé un million de citoyens d’ici 2020.



Deux plateformes en ligne seront proposées dans les mois qui viennent afin de soutenir les missions de WeTechCare. La première, intitulée “CLICNJOB” vise à accompagner les 2 millions de jeunes en difficulté d’insertion professionnelle (les NEET) dans leurs parcours d’insertion professionnelle.La deuxième, intitulée “Les Bons Clics”, accompagnera les personnes fragiles dans leur découverte du web ainsi que dans leurs démarches d’accès au service public et les services essentiels.

WeTechCare souhaite s’engager afin de garantir au plus grand nombre un accès au numérique, et les équipes de Google France et Google.org ont hâte de démarrer ce beau chantier ensemble. Google oeuvre chaque jour pour s’assurer que les opportunités créées grâce au numérique soient à la disposition de tous, des start-ups aux entreprises, de créateurs aux communautés en difficulté, et toujours dans la poursuite de notre objectif de formation aux compétences numériques en Europe.

Loi Travail: La Porsche brûlée en marge de la manifestation fait réagir Twitter



Un véhicule Porsche a été incendié devant la préfecture de Loire-Atlantique.
Un véhicule Porsche a été incendié devant la préfecture de Loire-Atlantique. - L.Venance/AFP
En marge des manifestations contre la loi Travail qui se sont déroulées un peu partout en France jeudi, une Porsche a été incendiée devant la préfecture de Nantes. Les commentaires sur cet « événement » dans l’événement ont fusé sur la twittosphère.


Au procès LuxLeaks, le lanceur d’alerte accusé « d’anticapitalisme »


Antoine Deltour, le 26 avril.
Antoine Deltour, le 26 avril. VINCENT KESSLER / REUTERS


Un « anticapitaliste », le lanceur d’alerte Antoine Deltour ? C’est en tout cas la conviction du commissaire de police luxembourgeois Roger Hayard, qui est venu témoigner mercredi 27 avril au procès de l’ancien auditeur du cabinet PricewaterhouseCoopers (PwC). Celui-ci est accusé d’avoir volé des centaines d’accords fiscaux secrets, la veille de sa démission, en octobre 2010, avant de les transmettre à un journaliste de « Cash Investigation » (France 2), Edouard Perrin. A ses côtés, un autre employé de PwC, Raphaël Halet, qui a agi séparément de M. Deltour, est également accusé de « vol » et de« violation du secret professionnel » et risque, comme lui, dix ans de prison.

Lors de son enquête, le commissaire Hayard a pu avoir accès au matériel informatique d’Antoine Deltour, rapidement identifié par PwC après la diffusion de « Cash Investigation », en mai 2012. Comme aucune trace de transaction financière suspecte n’a été trouvée sur ses comptes, le policier a rapidement cherché un autre motif. Antoine Deltour « était déclaré anticapitaliste », a-t-il lâché, à la barre du tribunal d’arrondissement de Luxembourg. Pour preuve, des propos postés sur Facebook où M. Deltour déclarait « avoir du mal à accepter » que le « commun des mortels » ne puisse pas échapper à l’impôt comme les grosses multinationales.

« Antoine n’est pas un militant politique »

Surtout, M. Deltour était abonné à des newsletters des Verts et « suivait l’actualité du site Mediapart », dont le directeur est un « personnage qui a publié des articles qui condamnent la place financière » luxembourgeoise, a souligné l’enquêteur, déclenchant des rires dans la salle. « Antoine n’est pas un militant politique, a rétorqué la compagne de l’ex-auditeur, appelée à témoigner un peu plus tard. Il est surtout attaché à la défense de la liberté de chacun. On ne peut pas dire qu’il est anticapitaliste. »
Le policier Hayard a ensuite dû défendre son enquête, accusée par la défense d’avoir été menée main dans la main avec le cabinet PwC. Le cabinet s’est ainsi chargé seul de faire des investigations informatiques sur ses serveurs pour identifier MM. Deltour et Halet, et le policier a pris soin de prévenir PwC avant ses perquisitions.
« Cette recherche a été menée de manière neutre et objective », a rétorqué le policier. Pas question non plus de comprendre le silence d’Edouard Perrin, qui s’est toujours abrité derrière le secret des sources pour refuser de collaborer. Pour le commissaire, le journaliste « n’a pas vraiment cherché à protéger ses sources », la publication des documents permettant au contraire « d’identifier les auteurs du vol ». Selon lui, le journaliste a fait prendre des risques à deux personnes uniquement « pour dénoncer des conventions fiscales peut-être douteuses moralement, mais en parfaite harmonie avec les lois du pays ».