vendredi 24 juin 2016

Brexit : ce qu'il faut retenir de cette matinée historique


Les Britanniques décident de quitter l'Union européenne 
C'est un désaveu pour la construction européenne. Selon les résultats définitifs publiés ce matin, 51,9% des électeurs ont voté pour le Brexit lors du référendum de la veille, marqué par une participation importante (72,2%). Les résultats montrent un pays divisé, avec Londres, l'Ecosse et l'Irlande du Nord qui voulait rester, tandis que le nord de l'Angleterre ou le Pays de Galles ont largement voté contre. Une division générationnelle aussi, les jeunes ayant voté pour le statu quo, les plus âgés pour la sortie.

» Brexit: quel scénario de sortie pour le Royaume-uni?


David Cameron annonce qu'il se retire
Partisan du maintien dans l'UE, en première ligne pendant la campagne, le premier ministre conservateur en a rapidement tiré les conclusions en annonçant sa prochaine démission lors d'une brève allocution devant le 10, Downing Street. "Les Britanniques ont pris une décision claire (...) et je pense que le pays a besoin d'un nouveau leader pour prendre cette direction", a déclaré Cameron, en précisant qu'il resterait en place jusqu'à l'automne et la désignation d'un nouveau leader par son parti. Il a ajouté qu'il appartiendrait à son successeur de lancer la négociation avec l'UE sur le processus de sortie de son pays du club des 28, devenus 27. Démission du premier ministre, leadership contesté au Labour, triomphe des europhobes de l'Ukip: le Brexit a provoqué un bouleversement sans précédent dans la vie politique britannique qui augure de fortes turbulences pour les mois à venir.


 

La sortie de l'UE se fera sans "précipitation", selon Boris Johnson 
Le chef de la campagne pour le Brexit, Boris Johnson, a mis du temps avant de s'exprimer. Il a assuré que la sortie de l'Union se fera "sans précipitation ». L'ex-maire de Londres, considéré comme le successeur le plus probable de Cameron, a ajouté que l'Europe fédérale était "une idée noble qui n'est plus justifiée".

Les banque centrales sur le pied de guerre, les bourses en chute libre
Les banques centrales sont sur le pied de guerre, prêtes à intervenir ou l'ayant déjà fait pour prévenir un assèchement de liquidités et contrer des mouvements extrêmes de changes. Ce matin, la livre sterling était en chute libre, les autres devises extrêmement volatiles, et les Bourses dégringolaient, titres bancaires en tête. Les Bourses de Paris et Francfort ont ainsi plongé d'environ 10% à l'ouverture.Une situation d'instabilité qui avait déjà conduit à la mi-journée plusieurs banques centrales à agir - ou promettre de le faire. Concernée en premier chef par les répercussions du référendum, la Banque d'Angleterre (BoE) a indiqué qu'elle était prête à injecter 250 milliards de livres (326 milliards d'euros) de fonds additionnels afin d'assurer des liquidités suffisantes pour le fonctionnement des marchés.




François Hollande a déclaré regretter "profondément" le vote des Britanniques en faveur d'une sortie de l'Union européenne, "un choix douloureux" qui "met gravement l'Europe à l'épreuve". "L'Europe ne peut plus faire comme avant", a souligné le chef de l'Etat qui s'exprimait depuis l'Elysée à l'issue d'une réunion avec plusieurs membres du gouvernement. Elle doit "se concentrer sur l'essentiel", a-t-il dit, citant: sécurité, investissement, harmonisation fiscale et sociale.

Le Royaume en passe de se disloquer ?
L'Ecosse et l'Irlande du Nord ont voté pour le "Remain". La possibilité d'un second référendum d'indépendance de l'Ecosse est "sur la table", a donc déclaré Nicola Sturgeon, "first minister" écossaise. Organisé en septembre 2014, le référendum sur l'indépendance de l'Ecosse avait été remporté par le camp du non à 55% des voix. De son côté, en Irlande du Nord, le Sinn Fein, favorable au maintien dans l'UE, a lui appelé à un référendum sur une Irlande unifiée.

En Europe, les eurosceptiques crient victoire
Les eurosceptiques ont crié victoire et appelé à un référendum dans leurs pays sur une éventuelle sortie de l'Union européenne (UE), faisant grandir les craintes sur le futur de l'unité européenne."Victoire de la liberté! Comme je le demande depuis des années, il faut maintenant le même référendum en France et dans les pays de l'UE", a déclaré la présidente du parti français d'extrême droite Front National (FN) Marine Le Pen sur son compte Twitter. "L'élite europhile a été vaincue. Les Britanniques montrent à l'Europe le chemin vers le futur et la libération", a déclaré le député néerlandais d'extrême droite Geert Wilders. Alors que les Pays-Bas comptent parmi les six pays fondateurs de l'Union européenne, comme la France, ce député réclame un "référendum sur un 'Nexit', une sortie néerlandaise de l'UE".