jeudi 5 mai 2016

Trois exoplanètes qui pourraient abriter la vie ont été découvertes

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C’est grâce à un télescope à infrarouge que cette découverte surprenante (trop peu brillante et trop petite pour être visible avec un télescope amateur ou tout télescope optique) a été faite. Situées à seulement 40 années-lumière de la Terre, ces exoplanètes similaires en taille à Venus ou à notre propre planète, orbitent autour d’une étoile naine peu lumineuse et ultra-froide (permettant ainsi d’y chercher des biosignatures d’ici une décennie ou moins), mais ces lieux proches de la Terre en espace astronomique pourraient aussi potentiellement abriter la vie.
C’est dans Nature que cette étude réalisée avec un petit télescope de 60 cm, TRAPPIST (TRAnsiting Planets and PlanetesImals Small Telescope) installé sur le site de La Silla de l’Observatoire européen austral (ESO – European Southern Observatory), au Chili a été publiée grâce au travail d’un groupe de chercheurs international mené par Michaël Gillon de l’université belge de Liège qui observait alors l’étoile 2MASS J23062928-0502285 située à environ 40 années-lumière du Soleil dans la constellation du Verseau. « Ces trois planètes sont les premières opportunités de trouver des traces chimiques de la vie en dehors de notre système solaire », a déclaré à l’AFP l’astrophysicien Michaël Gillon.
Les suspicions quant aux possibilités que ces exoplanètes puissent abriter de la vie tiennent à trois caractéristiques troublantes : une « taille similaire à la Terre », le fait qu’elles soient « potentiellement habitables » et « propices aux études atmosphériques détaillées avec la technologie actuelle » de par leur éloignement moindre. Les chercheurs ont été éberlués de se rendre compte que des planètes planètes telluriques présentant des similarités avec la Terre pouvaient orbiter autour d’une étoile naine et « grâce à cette étoile, TRAPPIST-1, [ils savent] que c’est le cas », a-t-il souligné.
Vue d'artiste d’une des trois planètes en orbite autour de l'étoile Trappist-1 Source : © ESO, M. Kornmesser
Vue d’artiste d’une des trois planètes en orbite autour de l’étoile Trappist-1 qui fait 8 % de la masse du soleil et 12 % de son rayon.
Source : © ESO, M. Kornmesser

Cette étude est importante, car cela change des recherches qui se concentraient autour d’étoiles plus grosses et ressemblant plus au soleil. Et cette découverte crée l’enthousiasme, car cela « ouvre un nouveau terrain de chasse ». En effet, pour Michaël Gillon « à l’échelle de la Galaxie, cela représente des milliards d’endroits en plus où la vie aurait pu se développer ! »
Néanmoins, la prudence reste de mise, car deux des planètes découvertes pourraient être « trop chaudes pour cela, mais pourraient avoir des zones d’habitabilité, avec des températures suffisamment basses pour permettre l’existence d’eau liquide et peut-être de vie ». Par ailleurs, de par la nouveauté de cette découverte, d’autres investigations seront nécessaires pour confirmer ce que pensent les spécialistes, mais ils ne sont pas inquiets, car ils comptent sur la technologie actuelle pour les aider « d’ici 5 à 10 ans, notamment avec le télescope spatial James Webb qui sera lancé en 2018 », selon Michaël Gillon. Ces recherches futures s’attarderont notamment sur leur masse ainsi que sur leurs caractéristiques atmosphériques (si tant est qu’elles en sont pourvues) pour définir les chances qu’elles soient propices à la vie. Par ailleurs, il pourrait y avoir d’autres planètes dans le système de TRAPPIST-1 comme le suggère l’inclinaison orbitale qui permet de penser que d’autres corps sont en orbite autour de l’étoile.