jeudi 12 mai 2016

Nicolas Sarkozy : «Je ne suis pas mort»


Le président Hollande salue l'ex-président Sarkozy, le 8 mai, place de l'Étoile. Ensemble... pour les commémorations de la fin de la Seconde Guerre mondiale.

LE SCAN POLITIQUE - Déchu de son rang de favori de la primaire de la droite, l'ancien président de la République est loin de déposer les armes.
S'éloigner de Paris pour faire passer un message est un grand classique de la politique. Celui de Nicolas Sarkozy, confié à Paris Match depuis l'Argentine où il a été reçu la semaine dernière par le président Mauricio Marci, est assez clair: il n'est «pas mort». Désormais loin de «l'autoroute de la victoire» qu'il prétendait emprunter à son retour en 2014, l'ancien président de la République a endossé le costume de l'outsider face à Alain Juppé, et prend exemple sur son hôte: «J'étais à Buenos Aires en août 2015 quand Mauricio pointait à la troisième place dans les sondages. La presse ne donnait pas cher de ses chances. Puis il a déjoué tous les pronostics et battu Daniel Scioli»
L'hypothèse d'un retrait est balayée d'un revers de main par le patron du parti Les Républicains: «Arrêter? Pff… vous rigolez?» Nicolas Sarkozy l'assume, il est accroc au jeu: «Le risque, c'est la vie». «Mon échec est un problème pour Hollande parce qu'il y a une chance que je rebondisse plus haut», dit-il encore. Contre les sondages, auxquels il ne fait pas confiance, l'ancien président est convaincu de triompher à la primaire. Nicolas Sarkozy ne voit pas le fait de diviser l'opinion comme un obstacle. Il analyse: «La primaire, ça se joue au nombre de supporters, pas au nombre de gens qui ne vous aiment pas, non?» L'ancien chef de l'Etat mise toujours sur son «socle» de fidèles pour l'emporter.
Pas encore lancé officiellement dans la course à la primaire, l'ex-président ne s'inquiète pas de la popularité de son rival Alain Juppé: «J'ai été le plus proche du favori de la présidentielle de 1995 et j'ai vu comment ça s'est terminé. Je revis la période Chirac-Balladur. Vous verrez, les choses vont s'inverser de la même manière.» En attendant, le chef de file des Républicains prépare ses troupes,François Baroin et Laurent Wauquiez en tête, et teste ses effets en provocant ses rivaux sur le vote des Français de l'étranger : «Pourquoi s'énervent-ils?, s'interroge Nicolas Sarkozy. Il paraît que je suis un “petit candidat”. Ça montre qu'ils ont peur. Ils ont raison car je ne suis pas mort et ils vont avoir des surprises.»
Nicolas Sarkozy.
- Journal la Sphère - Anthony Konaté