jeudi 12 mai 2016

Les frondeurs accélèrent la décomposition du PS

Pouria Amirshahi , Benoit Hamon et Alexis Bachelay lors de la séance des Questions au Gouvernement à  Assemblee nationalele 11mai.

En obligeant à nouveau le gouvernement à utiliser l’article 49 alinéa 3, cette fois-ci pour faire adopter le projet de loi sur le travail, et en envisageant, du coup, de déposer une motion de censure, les « frondeurs » confirment que le pouvoir socialiste est leur principal adversaire. Alors que ce projet de loi avait déjà été vidé d’une grande partie de son contenu, qu’un compromis avait finalement été trouvé avec les syndicats réformistes et que la grande majorité des députés socialistes était prêts à le voter, les frondeurs, après avoir exigé au départ une réécriture complète du projet, ont largement participé à la politique d’obstruction parlementaire en rédigeant 1 400 des 5 000 amendements déposés par la gauche, tout en accusant le gouvernement de refuser la discussion.
Leur véritable objectif étant d’infliger à celui-ci une défaite en rase campagne, ils ne lui ont laissé d’autre choix que de clore un faux débat parlementaire en utilisant l’arme du 49-3. Cet acharnement des frondeurs contre leur propre parti est si dommageable pour ce dernier que l’on ne peut manquer de s’interroger sur leurs véritables intentions. Il faut d’abord repousser l’idée selon laquelle il s’agirait d’abord pour eux d’imposer un projet politique alternatif à la politique suivie, puisque jusqu’ici aucun projet de ce type n’a été proposé, leur attitude étant essentiellement contestataire. Deux autres hypothèses peuvent alors être avancées.
Une recomposition après 2017 ?

- Journal la Sphère - Anthony Konaté