jeudi 12 mai 2016

Le FN ne veut plus des soutiens de Jean-Marie Le Pen dans ses instances

Marine Le Pen, présidente du FN et Florian Philippot, vice-président
LE SCAN POLITIQUE - Le bureau politique du parti a demandé à Bruno Gollnisch et à Marie-Christine Arnautu, qui se sont affichés dimanche avec Jean-Marie Le Pen, de démissionner de la direction.
Règlement de compte au sommet du FN au lendemain d'un 1er Mai marqué par deux rassemblements séparés, l'un organisé par Marine Le Pen et l'autre Jean-Marie Le Pen. À l'origine des crispations, la présence de trois députés européens FN aux côtés du fondateur du FN, dont deux, Bruno Gollnisch et à Marie-Christine Arnautu, sont membres de la direction du parti.
Le bureau politique du Front national a exigé lundi, par 34 votes pour, trois votes contre et quatre abstentions, leur démission des instances du parti. Dans un communiqué, la direction «constate le caractère inacceptable de la participation de membres du Conseil d'administration du Front National à une manifestation politique réunissant un grand nombre d'organisations et de personnalités violemment hostiles au Front National». Bruno Gollnisch, député européen, est sommé de quitter le bureau politique du FN et Marie-Christine Arnautu, vice-présidente, à la fois le bureau politique et le bureau exécutif.
Les intéressés plaident un «geste d'amitié», «sans connotation politique». Auprès du Scan, Marie-Christine Arnautu affiche sa combativité: «Je ne démissionnerai évidemment pas, s'ils veulent m'exclure, et bien qu'ils engagent la procédure.». «Hier, notre présence aux côtés de Jean-Marie Le Pen était strictement personnelle. Je voulais pour ma part saluer quelques minutes le père de Marine et le grand-père de Marion», justifie l'élue niçoise. Avant de livrer une analyse plus politique du conflit. «Tout cela traduit un malaise profond. Il y a des divergences politiques en interne, notamment sur les sujets de société», poursuit Marie-Christine Arnautu.
De son côté, Bruno Gollnisch, l'ancien dauphin de Jean-Marie Le Pen, ne semble pas plus enclin à prendre la porte. «J'ai dit que je refusais de me plier à cette décision dans l'instant, et pour le reste j'ai dit que je réservais ma décision», lâche-t-il au Scan, au sortir du bureau politique. «Je crois que nous représentons une sensibilité au sein du parti, plus importante que les chiffres ne le laissent penser. Je ne voudrais pas que ceux qui s'inquiètent de voir les sujets de société et liés à la famille moins portés au FN, n'interprètent tout cela comme “une purge”, selon les mots choisis par Steeve Briois avec si peu de décence», s'agace-t-il. S'il était contraint de quitter le FN, ce qu'il «n'envisage pas du tout», Bruno Gollnisch indique qu'il se retirera de la vie politique.
Interrogé par L'Express, Jean-Marie Le Pen estime quant à lui que le vote «n'a aucune valeur» car il a eu lieu à main levée. «Il s'est déroulé sous l'oeil vigilant des sbires. Ceux qui auraient voté en faveur de Bruno Gollnisch ou de Marie-Christine Arnautu seraient réputés complices. (Les membres du bureau politique) sont des gens qui veulent une investiture et qui serrent donc les fesses. Et là-bas, y'a intérêt!», conclut le «Menhir».

«Plus rien à faire dans les instances dirigeantes»

C'est donc visiblement la ligne défendue par Florian Philippot qui l'a une nouvelle fois emporté. Invité ce lundi matin sur RTL, le bras droit de Marine Le Pen déclarait: «Quand on participe à une manifestation aussi hostile qui souhaite la défaite des ‘patriotes' en 2017, qui souhaite la défaite de Marine Le Pen et donc peut-être la victoire d'Alain Juppé, de François Hollande ou de Nicolas Sarkozy… On doit se dire qu'on n'a plus rien à faire dans les instances dirigeantes du Front national».