lundi 9 mai 2016

Le député écolo Denis Baupin accusé de harcèlements et d'agressions sexuelles

Denis Baupin le 2 décembre 2015 à l'Assemblée nationale à Paris.
Denis Baupin le 2 décembre 2015 à l'Assemblée nationale à Paris. Photo Martin Bureau. AFP

SMS, chantages, agressions : Mediapart et France Inter ont recueilli les témoignages de femmes dénonçant les comportements du député et vice-président de l'Assemblée nationale, qui a quitté EELV en avril.

Une «sorte de "DSK des Verts"» : c’est le portrait que dressent ce lundi matin Mediapart et France Inter de Denis Baupin, député de Paris, qui a quitté Europe Ecologie-Les Verts le 18 avril. Plusieurs femmes sortent du silence et dénoncent des harcèlements et des agressions sexuelles qui durent depuis au moins 1998. Au total, «ce sont huit cas pouvant relever de harcèlement sexuel ou d’agression sexuelle que nous avons découverts», écrit Mediapart. Ainsi, Sandrine Rousseau raconte ces faits survenus en 2011 : «Dans le couloir qui longe la salle, Denis Baupin est venu. Il m’a plaquée contre le mur en me tenant par la poitrine, et a cherché à m’embrasser. Je l’ai repoussé violemment.» D’autres détaillent les multiples SMS qu’elles ont reçues, les tentatives de chantage, les scènes surréalistes… «Aucune n’a porté plainte – pour beaucoup d’entre elles, les faits remontent à plus de trois ans et sont donc prescrits», souligne Mediapart. Mais elles ont décidé de parler en voyant notamment, le 8 mars, Denis Baupin publier un tweet contre les violences faites aux femmes.
Que faisait la direction d’EELV ? Cécile Duflot, qui fut secrétaire nationale des Verts puis d’EELV, explique qu’il est «difficile d’agir sans savoir précisément. Rien n’était avéré. Les langues ne se délient pas facilement sur ces sujets. Il y avait une zone de flou sur ces comportements. Il y avait aussi des liens amicaux profonds avec ses proches qui compliquaient énormément la situation. Quand on en parlait, certains disaient d’ailleurs qu’il ne fallait pas l’accabler parce qu’il avait pris conscience de ses actes et se soignait. Mais comment imaginer la vérité ?»
 «La seule façon de traiter ce genre d’affaire c’est le droit, c’est la justice. Je ne suis ni dans le déni ni dans un lynchage médiatico-politique qui serait fondé sur des accusations. Ces paroles doivent être entendues. Mais la seule façon de dire la vérité des faits c’est la justice, a déclaré ce lundi sur France Inter François de Rugy, député de Loire-Atlantique et président du parti "Écologistes !". Il faut reconnaître la parole des personnes qui portent ces accusations mais aussi respecter les droits des personnes mis en cause et l’honneur d’un homme qui est aussi en question parce que si jamais ces accusations ne sont pas justifiées c’est également très grave», a étonnament conclu le député. 
Mediapart précise que Denis Baupin a refusé toute demande d’interview et menacé les médias qui enquêtaient de poursuites.