jeudi 5 mai 2016

La Terre est plus verte, mais ce n’est pas vraiment une bonne nouvelle

Cette image montre le verdissement de la planète depuis 1982 / Boston University/R. Myneni

Une augmentation de la concentration atmosphérique en CO2 a pour conséquences une augmentation de la densité des feuilles et de la densité des arbres, rendant notre planète plus verte. Mais cela pourrait provoquer des phénomènes préjudiciables à la Terre.
À partir des données de la Nasa et de la NOAA (Agence américaine d’observation océanique et atmosphérique), dont les satellites ont observé la couverture foliaire sur l’ensemble des terres végétalisées de la Terre, il a été constaté un phénomène de verdissement de notre planète par une équipe internationale de chercheurs, qui publie ses observations dans la revue Nature Climate Change. Au cours de ces trente-cinq dernières années, cette couverture foliaire a explosé, avec une augmentation de la densité des feuilles et de la densité des arbres de 25 à 50% des zones portant de la végétation.
Ces scientifiques issus de huit pays différents ont identifié le facteur principal en cause dans ce verdissement : la concentration atmosphérique en CO2 qui engendre un phénomène appelé fertilisation par le dioxyde de carbone. Plus il y a de CO2 dans l’atmosphère, et plus les plantes fabriquent d’éléments cellulaires par photosynthèse, ainsi, elles développent plus de feuilles. Pour ces scientifiques, c’est environ 70% du verdissement de la planète qui est à mettre au crédit de cette concentration en CO2. Les autres facteurs mis en cause ne prennent qu’une petite part, comme la concentration en azote, 9% ou la hausse des températures 8%.
Une grande part donc pour un tel effet, dont l’ampleur est de nature à « changer fondamentalement le cycle de l’eau et du carbone dans le système climatique » comme le déclare Zaichun Zhu, de l’Université de Pékin, en charge des travaux. Si la nature des changements n’est pas encore tout à fait claire, les scientifiques estiment que l’augmentation de la masse végétale va permettre de stocker de plus grande quantité de CO2 dans ce puits de carbone que constituent les forêts. « Des études ont constaté depuis les années 80 une plus grande captation du carbone que prévu par la Terre. C’est tout à fait conforme avec la hausse du verdissement » déclare Shilong Piao, co-auteur.

Seulement cette hausse de la concentration atmosphérique en CO2 engendre aussi des phénomènes nuisibles pour la planète : réchauffement climatique, élévation du niveau de la mer, fonte des glaciers, acidification des océans, ainsi qu’une augmentation de la fréquence des phénomènes météorologiques.