jeudi 12 mai 2016

La future élite africaine se forme sur les bancs des universités 2.0

Le campus de l’université Cheikh Anta Diop University à Dakar.

La Tower House de Kigali est l’une des têtes de pont de la nouvelle élite africaine. Cet immeuble hérité de l’ancienne compagnie des télécoms du Rwanda abrite depuis 2011 l’unique antenne africaine de l’une des plus prestigieuses universités américaines, la Carnegie Mellon University (CMU). Une aubaine pour ce petit pays de 12 millions d’habitants qui compte sur « l’économie de la connaissance » pour grandir.
« Nous sommes la seule université d’envergure mondiale implantée en Afrique, avec des professeurs qui vivent à plein temps ici, et une parfaite équivalence avec le programme délivré à Pittsburgh [en Pennsylvanie]souligne fièrement Michel Bézy, le directeur de l’établissement. Stanford a bien un programme au Ghana, mais les enseignants se contentent de venir quinze jours de temps en temps. »
Le cursus, prise en charge à 100 % par le gouvernement rwandais, permet à trente étudiants triés sur le volet de décrocher un master en technologies de l’information ou en ingénierie informatique. La troisième promo sera diplômée en juin. « Jusqu’à présent, tous nos étudiants ont trouvé un travail en moins de six mois », se félicite M. Bézy.
Né au Congo, formé en Belgique et aux Etats-Unis, le directeur de l’antenne africaine de la Carnegie Mellon vit à Kigali depuis cinq ans. Sa seule inquiétude ? Que ses meilleurs étudiants s’envolent sous d’autres cieux sitôt leur master en poche.

- Journal la Sphère - Anthony Konaté