vendredi 13 mai 2016

Infographie : que pense réellement un serial killer ?

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La manière de penser des tueurs en série est quelque chose de complexe. Étudiée par les « profiler », la psychologie des serial killers a récemment fait l’objet d’une infographie très explicite et détaillée.
Serait-ce morbide de s’intéresser aux tueurs en série ? Quoi qu’il en soit, ces individus fascinent autant qu’ils inspirent la peur. Des neurologues et psychiatres se penchent depuis des décennies sur la psychologie de ces hommes et femmes quant à leurs motivations et le déclenchement de leurs impensables actes.
Parmi ces chercheurs, il est possible de citer Helen Morisson, une psychiatre spécialisée en criminalistique. Cette dernière a interrogé 135 tueurs en série, et les résultats ont été traduits dans une infographie relayée par le quotidien britannique Daily Mail. Il faut savoir que pour appartenir à la catégorie des tueurs en série, il faut avoir assassiné trois personnes dans autant de lieux différents, tout en ayant laissé passer du temps entre chacun des meurtres.
L’infographie renseigne sur le fait que dans de nombreux cas, les tueurs en série sont souvent atteints d’une anomalie chromosomique : la possession d’un chromosome en plus dans leur ADN. L’exemple le plus parlant est sans conteste celui de Bobby Joe Brown, un américain auteur d’une dizaine de meurtres de femmes. Il avait un chromosome X supplémentaire, ce qui avait pour conséquence une production excédentaire d’œstrogène et donc l’apparition de seins dès l’adolescence. Ce défaut lui faisait alors ressentir une colère hors norme.
Les tueurs en série ont, plus que la moyenne, subi un ou plusieurs traumatismes durant leur jeunesse, par exemple des violences physiques, sexuelles, psychologiques ou relatifs à la négligence. Ils ont également pour point commun un certain détachement face aux autres personnes, ce qui leur permet de commettre les pires crimes sans ressentir de l’empathie pour leurs victimes. Au moment du passage à l’acte, ils pensent le plus souvent à obtenir des sommes d’argent, ressentir un frisson, de l’excitation ou encore du pouvoir.
Pendant plus d’une vingtaine d’années, le neuroscientifique Jim Fallon a étudié les cerveaux des tueurs en série par le biais de la neuro-imagerie. Il aurait, pratiquement chaque fois, décelé une faible activité dans le cortex orbitofrontal, une zone du cerveau intervenant dans la prise de décision et la gestion émotionnelle, ce qui revient à dire que certains cerveaux seraient prédisposés à la violence.
Selon Jim Fallon, les trois facteurs combinés relatifs à l’ADN, le cerveau ainsi qu’aux traumatismes passés, peuvent pratiquement à coup sûr transformer quelqu’un en tueur en série.
Voici l’infographie baptisée « Le cerveau d’un serial killer » (en anglais) :
brain
- Journal la Sphère  - Anthony Konaté, journaliste indépendant