mardi 10 mai 2016

François Hollande a-t-il trahi la gauche ? - Anthony Konaté

François Hollande lors de la cérémonie d’inauguration du nouveau ministère de la Défense, en novembre. 
François Hollande lors de la cérémonie d’inauguration du nouveau ministère de la Défense, en novembre.  Photo Marc Chaumeil pour «Libération»
C’est une véritable opération séduction. A un an de l’élection présidentielle, François Hollande, élu il y a juste quatre ans, cherche (enfin) à parler aux électeurs de gauche. Après le meeting Hé ho la gauche ! les socialistes ont édité un kit de communication fait de cartes postales mettant en avant les mesures phares du quinquennat. Rappel des valeurs de la famille progressiste et défense du bilan étaient aussi au centre de l’intervention présidentielle, le 4 mai, sur la scène du Théâtre du Rond-Point.
«Dans quel pays d’Europe y a-t-il eu autant d’avancées sociales ?» a lancé un président manifestement en campagne.
Mais la reconquête peut-elle réussir alors que la déchéance de la nationalité et la loi El Khomri ont provoqué l’ire de l’électorat de gauche ? et relancé le procès en trahison traditionnellement fait à la gauche au pouvoir ? Pour le philosophe Patrice Maniglier, François Hollande et son gouvernement ont «effrontément» passé le cap de la trahison. Quand au socialiste Henri Weber, bon camarade, il souligne les mesures de justice sociale qui reste, selon lui, au cœur de la social-démocratie hollandienne.

Un virage social pervers Par Patrice Maniglier, philosophe

Eloge de la police, discours nationaliste et militariste, contestation des droits sociaux, valorisation de l’identité culturelle, mépris de l’écologie, etc. L’orientation choisie par le Président peut être qualifiée de «perverse» car il revendique sa propre transgression.

Le procès surréaliste de l’hollando-libéralisme Par Henri Weber, Directeur des études auprès du premier secrétaire du Parti socialiste, chargé des questions européennes

Qualifier de libéral le Président, c’est refuser de voir toutes les mesures qu’il a prises afin de réduire la pauvreté, soutenir la demande et atténuer les inégalités.