vendredi 13 mai 2016

Des chercheurs ont trouvé un moyen de limiter le gaspillage alimentaire !

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Des chercheurs américains proposent de recouvrir nos fruits et légumes de soie pour leur assurer une meilleure conservation, et réduire ainsi le gaspillage alimentaire.
Le gaspillage alimentaire est un fléau. Nous savons par exemple qu’en France, chaque année, nous gaspillons de 1.2 à 6 millions de tonnes de nourriture. Cela représente un gaspillage alimentaire de 20 à 100 kilos d’aliments comestibles par personne et par an. Ainsi, au minimum 38 kilos de nourriture sont jetés chaque seconde à la poubelle. Parmi les aliments jetés, près de deux tiers concernent les fruits et légumes abîmés, tandis qu’un tiers concerne des produits emballés. Des pertes essentiellement dues au fait que ces denrées sont particulièrement fragiles et susceptibles de se détériorer prématurément.
Pour lutter contre le problème, des chercheurs de la Tufts University proposent de recouvrir nos fruits et légumes d’une fine pellicule de soie. Le but : conserver les denrées pendant une semaine sans avoir recours à la réfrigération. D’origine animale, la soie est naturelle, biocompatible, biodégradable, inodore et invisible (si l’on utilise l’épaisseur conseillée par les chercheurs américains). Ainsi, elle constituerait une solution idéale pour aider à la conservation de nos fruits et légumes.
Pour arriver à de telles conclusions, les chercheurs ont plongé, jusqu’à quatre fois de suite, des fraises fraîchement cueillies dans une solution contenant 1 % de protéines de fibroïne de soie. Puis, ils ont traité les fruits ainsi recouverts de soie sous vide et à la vapeur d’eau pendant différents laps de temps. Objectif : créer un nombre variable de structures en feuillets dits « bêta » au sein du revêtement, car, plus le traitement est long, plus on observe de feuillets bêta et plus le revêtement de soie est robuste. Les chercheurs se seront concentrés sur des couches d’une épaisseur comprise entre 27 et 35 microns.
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Les fraises ainsi traitées ont ensuite été stockées à température ambiante, tout comme des fraises non traitées, destinées à servir de témoins. Sept jours plus tard, les fraises traitées étaient toujours aussi juteuses et fermes qu’au premier jour. Les non traitées, elles, avaient perdu de leurs couleurs et s’étaient déshydratées. Selon les chercheurs, c’est le revêtement de soie qui a rendu les fraises moins perméables au dioxyde de carbone et à l’oxygène, ralentissant ainsi leur détérioration.
Décidément, la soie n’en a pas fini de faire parler d’elle. Les applications d’une telle technologie sont en effet incroyables dans les domaines aussi vastes et variés, tels que la protection des aliments, certes, mais également la science des matériaux, ou encore la médecine. Parallèlement, des chercheurs de la même université envisagent d’ailleurs de mener des expériences sur la réalisation des super-condensateurs, réalisées entièrement en soie, pour explorer la possibilité de produire des dispositifs de stockage d’énergie bio-compatibles, bio-dégradables et respectueuses de l’environnement.
- Journal la Sphère - Anthony Konaté, journaliste indépendant