vendredi 13 mai 2016

Après la motion de censure, le PS au bord de la rupture

Manuel Valls et Myriam El Khomri participent à la discussion autour de la motion de censure posée par la droite, jeudi 12 mai, à l’Assemblée.

Assis dans les derniers rangs en haut de l’hémicycle, le député Les Républicains (LR) du Rhône Patrice Verchère s’acharne depuis plusieurs minutes sur la tablette de son pupitre, qu’il claque avec obstination. Autour de lui, le chahut est général et, à la tribune, le président des députés socialistes, Bruno Le Roux, doit crier pour se faire entendre. A l’Assemblée, ce jeudi 12 mai, le débat sur la motion de censure visant à renverser le gouvernement, déposée par l’opposition en réponse à l’engagement du « 49.3 » sur la « loi travail », est à l’image du climat qui règne autour de ce texte depuis plusieurs semaines. Electrique.
Difficile de dire qui a provoqué qui en premier, mais M. Le Roux n’a certainement rien arrangé en traitant les députés de l’opposition de « gueulards » à trois reprises. En réponse, ceux-ci se sont logiquement mis à vociférer encore plus, scandant, entre autres : « Cahuzac ! Cahuzac ! » pendant de longues secondes, quand le socialiste a ensuite reproché à la droite de ne pas s’attaquer à la fraude fiscale. Malgré les appels au calme du président de l’Assemblée, Claude Bartolone, M. Verchère et ses petits camarades ne se sont guère apaisés et, au premier rang, le premier ministre, Manuel Valls, était visiblement tendu.
Deux jours après le passage en force du projet de loi travail, la nervosité et l’exaspération règnent presque autant au Palais-Bourbon que dans la rue.

- Journal la Sphère - Anthony Konaté, journaliste indépendant