mardi 26 avril 2016


Les deux cataclysmes qui ont changé le climat européen au VIe siècle

Coulée de lave en Islande / Michael Ryan, U.S. Geological Survey
Coulée de lave en Islande/Michael Ryan

En l’espace de quatre ans seulement, au VIe siècle, deux éruptions volcaniques majeures ont eu pour conséquence la baisse des températures en Europe à hauteur de deux degrés, avec un effet dévastateur sur l’agriculture.
Selon une étude présentée au cours d’une réunion de l’European Geosciences Union à Vienne, publiée dans la revue Climatic Change et dirigée par une équipe du Centre de recherche sur les océans GEOMAR Helmholtz à Kiel, en Allemagne, l’histoire climatique de l’Europe a été chamboulée au cours du VIe siècle. En effet, deux éruptions volcaniques sont survenues en 536 et en 540, « un point de bascule entre l’Antiquité et une ère de déclin social et de turbulences, au début du Moyen-Age » comme l’explique Matthew Toohey, l’auteur de l’étude.
« Prises ensemble, les deux éruptions ont probablement été les événements volcaniques les plus puissants ayant affecté le climat dans l’hémisphère nord ces 1.500 dernières années », a poursuivi Matthew Toohey. Deux éruptions pour un impact combiné sur les températures, les abaissant de deux degrés Celsius pendant ce qui a sans doute été la décennie la plus froide des deux derniers millénaires.
Simulation de la baisse des températures moyennes
Simulation de la baisse des températures moyennes
Deux degrés de chute des températures, causée par l’écran formé devant le soleil par des particules de soufre, et des conséquences immensément néfastes sur l’agriculture entraînant une période de famine dans la plus grande partie de l’Europe et au-delà. Un an après la deuxième éruption, l’Europe a également connu la première pandémie de peste, mais pour le moment, rien ne prouve un lien direct entre cette pandémie et l’hiver volcanique.
Jusque-là, si de nombreux écrits évoquaient ces éruptions, ainsi qu’une famine dévastatrice les années suivantes et un effondrement des structures sociales dans une grande partie du nord de l’Europe, la preuve scientifique n’avait pas été apportée. C’est au Groenland et dans l’Antarctique qu’elle a été trouvée, grâce aux carottes de glace qui, en encapsulant des particules de l’atmosphère, permettent de remonter le temps sur des milliers d’années. Ici, ce sont les traces de soufre qui ont permis de dater précisément les deux éruptions.