jeudi 28 avril 2016

Irène Frachon : « Il faudrait pouvoir punir ceux qui attaquent les lanceurs d’alerte »



Irène Frachon à Brest en mai 2013.

Par Irène Frachon, médecin
Qu’y a-t-il de commun entre les lanceurs d’alerte Edward Snowden (espionnage par la NSA) ou Denis Robert (affaire Clearstream), au-delà des scandales qui ont suivi leurs révélations ? A chaque fois ceux qui les ont attaqués, les Etats ou les lobbies, n’ont jamais été inquiétés. Protéger les lanceurs d’alerte devrait inclure la possibilité de punir ceux qui les attaquent, car on pourrait espérer un effet dissuasif de ces poursuites, encourageant ainsi, très en amont, les lanceurs d’alerte à mener leurs révélations jusqu’à leur terme.
S’agissant des alertes dans le domaine économique, Antoine Deltour, à l’origine des révélations de l’affaire LuxLeaks, sera dans les heures qui viennent devant la justice luxembourgeoise. Il risque jusqu’à cinq ans d’emprisonnement et plus d’un million d’euros d’amende pour avoir osé, dans un sursaut d’indignation citoyenne que personne ne conteste au fond, dénoncer les conventions scandaleuses passées par de grandes entreprises, notamment françaises, pour contourner les impôts des pays où elles exercent leur activité.
Il n’est pas inutile de rappeler ce qu’il en a été dans le domaine de la santé en évoquant l’affaire du Mediator, dans laquelle jamais ceux qui ont pu étouffer ce scandale et ont permis ainsi qu’il dure des années n’ont été inquiétés.
En 1997, tous les médicaments coupe-faim de Servier, du moins le croit-on, sont retirés du marché mondial, car ils provoquent de graves atteintes des valves cardiaques. Par Anthony Konaté