mardi 26 avril 2016


Allemagne : polémique à propos des transports en commun réservés aux femmes



Japon : Emplacement du quai de la ligne Keio pour le wagon réservé aux femmes / Dozomodo
Japon : Emplacement du quai de la ligne Keio pour le wagon réservé aux femmes / DozomodoUne compagnie de transport allemande a annoncé le lancement d’un wagon réservé aux femmes sur une ligne ferroviaire. Deux autres projets similaires sont d’ailleurs actuellement à l’étude. Alors que ce type d’initiative n’est pas nouvelle, elle suscite une polémique alors qu’elle vise à permettre plus de sécurité pour les femmes.

Le débat sur la question de la séparation des sexes dans les transports en commun a dernièrement pris un nouvel élan. En effet, en mars 2016, la compagnie ferroviaire Mitteldeutsche Regiobahn a annoncé la mise en place d’un wagon réservé à la gente féminine dans les trains d’une ligne reliant les villes de Leipzig et Chemnitz dans l’est de l’Allemagne. Deux autres projets sont actuellement à l’étude en Australie : un Uber pour femmes et des « Safe pink carriages ».
Si la compagnie ferroviaire allemande assure que l’initiative d’un wagon pour femme n’est pas une réponse aux événements de Cologne, elle indique qu’il s’agit de renforcer un sentiment de sécurité dans les trains. En Australie, les féministes s’insurgent face aux projets plutôt similaires actuellement à l’étude, en expliquant que cela relève du cache-misère, plaçant au second plan le fait que les agressions sur les femmes sont de plus en plus fréquentes. Dans la province australienne de Nouvelle-Galles-du-Sud, une vingtaine d’abus sexuels sont relevés par les autorités chaque mois.
Les « Safe Pink Carriages » sont donc une initiative qui fait débat en Australie. Cependant, si l’on considère qu’un tel dispositif contiendrait un système d’alerte et de vidéosurveillance, il est possible de considérer que cela puisse être une solution, bien que la source du problème se trouve ailleurs, comme dans l’éducation par exemple, dans la place des femmes dans le monde du travail, ou encore quant à leur exposition dans le cinéma, les jeux vidéo ou la publicité.
Un ancien conducteur d’Uber porte « Chariot for Women », un projet d’Uber pour femme réservé à des conductrices et leur passager également féminin. Cependant, des obstacles juridiques freinent le projet, l’accusant de discriminer les hommes.
De telles initiatives sont déjà en place depuis quelques années, que ce soit en Malaisie, au Japon, en Inde ou en Égypte, mais il semble que le débat tournant autour de la question de la sécurité des femmes risque d’être encore alimenté pour longtemps, plutôt qu’une remise en question des réelles causes de certains comportements masculins.